Pour une définition de la capitalisation

Pour une définition de la capitalisation

La notion de capitalisation. La capitalisation est une activité récente dans le monde du développement mais certainement destinée à se développer compte tenu du nombre et de la diversité des interventions, de la variété des démarches et du très faible partage des expériences. L’analyse de l’expérience est ce qui pourrait définir le plus simplement possible la capitalisation. Plus précisément, c’est  » le passage de l’expérience à la connaissance partageable.  » (De Zutter) C’est un travail de formalisation d’activités informelles, intuitives, naturelles dans le but de les diffuser, de les faire connaître. Le passage de l’implicite à l’explicite n’est pas évident. Il se fait par un  » processus d’externalisation de la connaissance tacite.  » (Lavigne Delville) C’est également un travail organisé qui comprend différents volets ou exercices. Si capitaliser c’est prendre du recul sur un travail opérationnel, c’est aussi le faire avec un objectif clair et donc la formulation d’une problématique à laquelle on souhaite apporter une réponse. Dans un souci d’objectivité et de crédibilité vis-à-vis de l’extérieur, la capitalisation comprend une part d’évaluation et de questionnement des choix, des stratégies d’action et de la démarche. Ce travail a ainsi une double finalité : le dégagement de recommandations ou de leçons pour l’avenir et la réalisation d’un document de communication du contenu de la capitalisation. Destinée à valoriser une activité, la capitalisation n’est pas une évaluation. Elle ne doit pas aboutir à porter un jugement de valeur. Il est, en revanche, nécessaire qu’elle s’appuie sur une démarche rigoureuse d’enquêtes et d’analyse. Ainsi, si la capitalisation n’est pas une recherche scientifique, elle tente de répondre à l’exigence d’objectivité en puisant dans les outils de la recherche en sciences sociales.
Les objets de la capitalisation. La capitalisation tente de mettre en mots, de définir le contenu d’une expérience. Elle porte donc sur des activités, c’est-à-dire des actions réalisées par des individus dans un domaine défini. Plus largement, elle cherche à cerner des pratiques, c’est-à-dire des manières concrètes d’exercer une activité, les procédures, les règles suivies, la méthodologie mais aussi les habitudes diverses, etc. Au coeur de ces pratiques, un certain nombre de savoirs peuvent être identifiés, c’est-à-dire des ensembles de connaissances. Par connaissance, il faut entendre une idée exacte d’une réalité, de sa situation, de son sens, de ses caractères, de son fonctionnement. Les savoir-faire sont alors des capacités à mobiliser des savoirs en situation, ce qui correspond également à la définition de la compétence. La compétence est une habilité à reproduire l’exercice de capacités dans des environnements et des conditions diverses pour aboutir au résultat attendu.
De la capitalisation à la professionnalisation. L’ensemble des pratiques et des compétences détenues par un groupe d’individus participe à la définition d’une profession. Une profession ne se définit pas uniquement par le contenu de ses activités, la formation qui lui correspond et le savoir scientifique qu’elle mobilise. Elle est également un groupe social porteur de valeurs et d’une vision du monde qui lui est propre et qu’elle cherche à promouvoir pour se faire reconnaître comme telle auprès des institutions ou à défendre vis-à-vis d’autres corps de métier. Dans les pays du sud, les interventions en faveur du développement sont de plus en plus normalisées et professionnalisées ce qui pousse à parler de l’émergence d’un champ professionnel de l’humanitaire. Au sein de ce champ certaines activités, telles que l’animation par exemple, ne sont pas toujours reconnues comme étant réellement professionnelles. En mettent en évidence les spécificités de ces pratiques, la capitalisation peut avoir pour vocation de contribuer à la définition ou à la réaffirmation des caractéristiques d’une profession et participer ainsi à leur reconnaissance en tant que telle.
 

Laetitia MORLAT (Volontaire du Progrès MADAGASCAR-2008)

Références


De Zutter P., 1994, Des histoires, des savoirs et des hommes : l’expérience est un capital, Charles Léopold Mayer, Paris : 137 p.
Lavigne Delville Ph., Villeval Ph., 2004, Capitalisation d’expériences, expérience de capitalisation. Comment passer de la volonté à l’action ?, Traverses n°15, GRET/Handicap International/Groupe Initiatves : 48 p. (document téléchargeable )

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